Le Département de Ranérou

Le Département de Ranérou est créé en 2002 par décret n°2002-166 du 21 février 2002, il s’étend sur la géographique du Ferlo et couvre une superficie de 15 101 km², soit 50,1 % de la région de Matam. Ranérou-Ferlo est le deuxième Département le plus vaste du Sénégal. Il fait près de trente (30) fois la Région de Dakar et demeure plus grand que les régions de Diourbel, Ziguinchor, Sédhiou, Thiès, Fatick, entre autres. Sur le plan du découpage administratif, le Département de Ranerou-Ferlo comporte exceptionnellement un seul arrondissement subdivisé en trois communes Vélingara, Lougré Thioly et Oudalaye. Il s’y ajoute la commune de Ranérou, chef-lieu de département. Ranérou-Ferlo compte 103 283 Habitants, selon le dernier recensement de l’ANSD en 2023

Le département est caractérisé par une population faible, en majorité jeune, dominée par les hommes, dispersée dans l’espace avec des disparités énormes d’une collectivité locale à une autre, régulièrement en mouvement à la recherche d’eau et/ou de pâturages.

Plus de la moitié de la population du département de Ranérou – Ferlo est âgée de moins de 25 ans. Cela témoigne de la jeunesse de sa population qui constitue une potentialité certaine pour le département si elle est bien orientée et son cadre d’épanouissement amélioré, à travers une bonne formation, une bonne insertion à l’emploi dans les créneaux porteurs par la création de PME/PMI pour la valorisation des produits locaux et un renforcement des infrastructures de distraction.

Ressources agro-sylvo-pastorales

Les secteurs de l’élevage et de l’agriculture qui constituent les deux principales activités économiques du département, sont encore confrontés à plusieurs contraintes. Pour le secteur de l’élevage, la faible productivité en produits laitiers et dérivés des races locales et la gestion inappropriée des zones agropastorales liées au caractère extensif de l’activité ainsi que la faiblesse de la couverture sanitaire et vaccinale gangrènent son développement. Ceci se répercute sur la situation prophylactique du cheptel avec la persistance des maladies et l’absence de circuits modernes de transformation et de commercialisation des produits de l’élevage. L’élevage constitue la principale activité des populations du département susceptible de constituer un levier intéressant pour le développement du territoire, si les potentialités locales sont bien valorisées.

Agriculture

Elle constitue la seconde activité économique des populations locales après l’élevage. En dehors de l’existence d’une main d’œuvre et d’un savoir-faire local, le département de Ranérou dispose naturellement d’une zone à vocation agricole. Cependant, l’accès difficile aux facteurs de production, la forte dépendance aux aléas climatiques avec l’insuffisance de la pluviométrie, l’inadéquation de la politique foncière, la sous-exploitation des potentialités horticoles, l’absence de synergies entre agriculture familiale et agro-business, gangrènent le développement du secteur dans le département. Le sous-secteur horticole, malgré une forte demande intérieure et extérieure (oignons, pomme de terre, tomates, autres fruits et légumes), reste sous-exploité. En effet, la promotion des produits horticoles et en particuliers maraichers constitue un enjeu de taille dans le cadre de la lutte contre la malnutrition d’une part et d’autre part le développement des activités génératrices de revenus dans le département de Ranérou Ferlo.

Accès aux services sociaux de base

La problématique de l’eau est une question centrale dans le département de Ranérou – Ferlo. D’un parc d’une vingtaine de forages, on est passé à quarante (40). Malgré tout, les besoins en eau des populations et du cheptel restent insatisfaits. En effet, le maillage souffre entre autres, d’une mauvaise répartition géographique des infrastructures hydrauliques, de problèmes d’entretien et de maintenance des ouvrages d’exhaure et de distribution qui occasionnent des pannes récurrentes surtout en saison sèche avec la surexploitation des ouvrages qui fonctionnent en moyenne pendant plus de 20 heures, de l’insuffisance des réseaux d’adduction d’eau surtout dans la zone de LougréThioly, de la faiblesse de capacités de gestion des bureaux exécutifs des ASUFOR. Il s’y ajoute la faible valorisation du potentiel hydrologique et hydraulique pour le développement de la pisciculture et du maraichage. L’insuffisance d’une offre pour satisfaire les besoins en eau des populations et du cheptel impacte négativement son développement avec des répercussions avérées sur les secteurs de l’éducation, la santé, l’hygiène – assainissement, l’environnement et l’économie locale.

Santé

Le département compte un centre de santé de référence avec l’existence d’une dizaine de postes de santé. Les postes de santé sont plus nombreux et constituent donc le premier lien entre les populations locales et le personnel médical où certains actes médicaux comme la chirurgie ou la radiologie ne sont pas effectués.

Education

Le département de Ranérou – Ferlo compte 100 écoles élémentaires fonctionnelles (dont une dizaine d’abris provisoires), 08 structures pour la petite enfance, 07 collèges, 02 lycées et un centre de formation professionnelle. Il s’y ajoute l’existence d’un corps enseignants et de professeurs.  De manière générale, le système éducatif de Ranérou est confronté à un problème d’efficacité interne (taux d’achèvement faible, taux d’abandon élevé, taux net de scolarisation faible), à la transhumance, aux mariages précoces, à la création anarchique de village à faible densité de population, qui sont autant de facteurs qui gangrènent le système. Par ailleurs, le système éducatif est dépourvu de structure d’enseignement supérieur et reste confronté à l’absence de locaux adaptés pour le préscolaire et de plateformes multifonctionnelles pour la pratique de l’Education physique.

Hydraulique et Assainissement

L’hydraulique constitue un secteur stratégique dans le département de Ranérou où se trouve la plus grande réserve de maastrichtien du Sénégal, en raison de sa superficie. Le parc de points d’eau compte une quarantaine (40) de forages dont vingt-sept (27) forages anciens et treize (13) nouvellement construits ou en cours. Il s’y ajoute l’existence de plusieurs puits et mares temporaires. Ce potentiel, au-delà de la prise en charge des besoins en eau des populations locales et du cheptel, constitue une opportunité certaine pour le développement de la pisciculture ou du maraichage à travers la mise en place de jardins maraichers autour des forages et l’aménagement de bassins ou de mares temporaires.

Tourisme et culture

Le caractère exceptionnel de la faune et de la flore du département ainsi que les caractéristiques climatiques, écologiques, culturelles de la vie traditionnelles peulhs, la beauté des paysages semi-désertiques ainsi que la présence de l’enclos animalier de Katané au sein de la réserve, offrent au département une alternative réelle pour le développement de l’écotourisme.

Conclusion

Le conseil départemental, en sa qualité de maître d’ouvrage, est le premier responsable de la mise en œuvre du présent Plan départemental de développement (PDD). Aussi, pour relever les défis et atteindre les objectifs fixés, il devra s’appuyer sur des moyens, instruments et un cadre institutionnel spécifiques. Le PDD est défini pour un horizon temporel de cinq (5) ans au terme duquel il devra être actualisé, d’où la nécessité de mettre en place dès le début de sa mise en application, un système de suivi-évaluation approprié. En effet, l’émergence socioéconomique du département de Ranérou-Ferlo, ne relève pas seulement des actions portées par le conseil départemental. Les interventions de l’Etat et des partenaires au développement, de même que celles des communes regroupées au sein du territoire départemental, constituent des opportunités certaines pour contribuer à l’atteinte d’un tel objectif….

 

 

Fin